Le député Pierre Cabaré cosigne une tribune en faveur de l’augmentation des dépistages du VIH / publié le 31.03.2021

Samedi 27 mars 2021, j’ai cosigné une tribune à l’occasion du Sidaction ayant eu lieu le week-end des 27 et 28 mars 2021, où près de 4,5 millions d’euros de promesses de dons ont été récoltées. Un grand merci à tous nos généreux donateurs ! Cependant, nous avons constaté qu’avec l’épidémie de la Covid, la lutte contre le sida perd du terrain car les citoyens se font de moins en moins dépister. Or, nous savons tous qu’un dépistage précoce augmente les chances de guérison. Ensemble, continuons à nous mobiliser pour atteindre l’objectif ZéroSida d’ici 2030 !

Voici le texte de cette tribune :

 

« Depuis maintenant plus d’un an, la menace oppressive de la covid-19 pèse sur notre existence.  Ce virus encore inconnu il y a peu fait désormais partie de notre quotidien, bouleversant nos habitudes et nos modes de vie ; mutilant tout à la fois nos esprits et notre chair. 

Ces maux, nous les connaissons, soit parce que nous les subissons nous-mêmes ou par l’intermédiaire de nos proches, soit parce qu’ils nous sont sans cesse rappelés par les médias et les réseaux sociaux. Néanmoins, il en est d’autres qui, insidieusement, provoquent également des ravages, d’autant plus dramatiques qu’ils se produisent en silence. 

En effet, la pandémie que nous traversons est exceptionnelle à bien des égards, mais elle n’est en rien exclusive d’autres problématiques sanitaires, qu’elle menace au contraire d’aggraver de manière durable. C’est le cas de l’épidémie de VIH, de laquelle notre attention s’est regrettablement détournée du fait de l’apparition subite de la Covid-19. 

S’il ne s’agit bien évidemment pas de mettre en concurrence des mobilisations par ailleurs indispensables, force est de considérer que les campagnes de sensibilisation et de dépistage relatives au VIH ont pâtit durant ces derniers mois de l’omniprésence du coronavirus. Un tel constat ne peut que nous inquiéter, dans la mesure où il s’agit, avec les traitements et la prévention, des piliers principaux de la lutte contre cette épidémie. 

Au-delà, il est désormais acquis que la problématique des comorbidités joue un rôle aussi déterminant dans le cadre de ces infections, ce qui nous appelle tout naturellement à adopter une approche globale et croisée dans les luttes contre ces pandémies, au bénéfice de l’une et de l’autre, plutôt qu’à leurs détriments respectifs. Une telle stratégie démontre d’ores et déjà son efficacité au niveau mondial à l’endroit des trois grandes pandémies historiques que sont le paludisme, la tuberculose et donc le sida. 

Alors que la lutte contre le VIH ne peut plus se permettre d’attendre, le retard pris par notre pays en la matière est désormais considérable, voire irrattrapable : durant le seul premier confinement, le nombre de dépistages effectués a accusé un retard de 60%, et quelques 650.000 tests attendus n’ont jamais été réalisés. Le risque est double, car une telle insuffisance implique une perte de contrôle sur la prévention des contaminations, mais encore une perte de chance en termes de prise en charge médicale. 

Rappelons ici que sur les 6.200 personnes ayant découvert leur séropositivité en 2019, 26%  l’ont fait à un stade avancé ; et que l’on estime à 24.000 le nombre de personnes ignorant tout simplement qu’elles sont infectées par le VIH. 

À l’heure où l’ONUSIDA prévoit à l’échelle mondiale une hausse considérable des contaminations et des décès liés à une infection par le VIH dans les deux ans à venir, ces considérations appellent à une réaction forte et sans ambiguïté de notre part, à la mesure du drame qui se profile. 

De même que pour la Covid, encourageons de nouveau le recours au dépistage pour le VIH. Plus largement, redéployons sans attendre les dispositifs de communication propres à la lutte contre ce dernier, et déconfinons les moyens dévolus à la recherche, notre alliée la plus précieuse dans ce combat. 

Les enjeux sont immenses, et l’on ne saurait se satisfaire d’une victoire sur la Covid-19 si celle ci devait se faire en sacrifiant les progrès effectués depuis des dizaines d’années contre le VIH. Il en va de notre responsabilité, car une fois cette crise sanitaire passée, une fois la vie redevenue normale, d’autres combats suivront. Pour nous permettre de les mener avec efficacité, il nous faut dès à présent nous doter des moyens nécessaires pour l’emporter et atteindre, tel que celui-ci a été fixé, l’objectif Zéro Sida à l’horizon 2030. 

Cette responsabilité nous engage pour l’avenir, mais elle nous tient également en ce que nous sommes les héritiers de celles et ceux qui, avant nous, se sont engagés dans la lutte contre le VIH. Un combat long de près de quarante ans, un demi-siècle de progrès techniques et médicaux, de sensibilisation, qu’il nous revient de faire perdurer avec autant d’ardeur. 

Chaque jour où notre regard se détourne de la pandémie de VIH, ce sont des mois de lutte qui sont perdus. Nous ne pouvons pas nous le permettre. 

Aussi, et au-delà de la crise sanitaire actuelle, il convient d’amplifier les efforts actuels et à venir consentis en faveur de la lutte contre le VIH, à l’échelle nationale comme à l’échelle mondiale. Cet effort doit dépasser les limites du seul 1er décembre, et engager l’ensemble des parties    prenantes : institutions et responsables politiques, collectivités, associations, soignants, chercheurs, médias, … Nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans la réalisation indispensable de cet objectif ambitieux. 

Mobilisons-nous sans relâche, car ce n’est qu’à ce prix que nous vaincrons. »

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

Recommended Posts