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Réhabilitation des friches industrielles : Pierre Cabaré favorable au pilotage des projets par les collectivités locales / publié le 7.09.2021

Le 6 septembre 2021, j’ai pris connaissance du dernier éditorial du groupe de réflexion « Jour Nouveau » qui portait sur la réhabilitation des très nombreuses friches industrielles, mais aussi administratives, commerciales ou militaires, qui, faute de politique volontariste, mobilisent en France pas moins de 100 000 hectares auxquels on pourrait donner une seconde vie ! Il est urgent que l’Etat, en concertation avec toutes les collectivités locales parties prenantes, s’empare du sujet et prenne les mesures qui s’imposent. Voici le texte intégral de cet éditorial :

« Stigmates d’une désindustrialisation de l’économie française, les friches commerciales, administratives, industrielles ou militaires, dont le nombre s’élèverait à près de 6000, couvriraient une surface de 100 000 hectares. Mais l’absence de définition d’une friche ferait que le nombre de friches serait supérieur à 200 000.

Par ailleurs, les incertitudes de crises imprévues, un nouveau contexte militaro-industriel et les nouveaux modes de travail (télétravail, coworking, numérisation des transactions) risquent d’augmenter le nombre de friches.

Une grande partie de ces friches n’est pas dépolluée.

Leur réhabilitation pourrait être une opportunité pour le développement économique local et pour l’environnement, notamment dans le cadre du plan biodiversité de 2018 qui fixe l’objectif « Zéro artificialisation nette », et qui recommande de diviser par deux la superficie des terres artificialisées.

La reconversion des friches présente localement un intérêt pour l’environnement et l’économie, par :

  • la dépollution des sols,
  • la régulation des îlots de chaleur urbaine,
  • la résilience d’une partie de la biodiversité,
  • la relocalisation et la revitalisation de l’économie locale,
  • la revalorisation foncière de terrains jusque-là abandonnés,
  • le développement d’énergies renouvelables,
  • la mise en valeur de l’histoire technique et sociale locale,
  • la restauration du patrimoine industriel et artisanal.

Les principaux freins à la réhabilitation des friches sont :

  • la définition et le chiffrage préalables des objectifs à atteindre pour une ou plusieurs destinations futures,
  • l’obtention d’un consensus politico-social entre les différentes parties prenantes (la population, les associations, les collectivités locales, les intérêts professionnels et financiers…),
  • la nécessité d’un pilotage régional, voire national dans certains cas,
  • la complexité juridique matérialisée par l’enchevêtrement des différents droits et réglementations (urbanisme, commercial, environnement, administratif…)
  • le coût élevé de dépollution et de réhabilitation comprenant les études et les travaux d’exécution,
  • les nouvelles dépenses occasionnées par la nécessité de nouvelles infrastructures routières, réseau numérique, assainissement, services sociaux, entretien, écoles, habitations…,
  • une fiscalité inadaptée (taxes foncières, droits de mutation, imposition sur les plus-values foncières),
  • la durée du projet pouvant dans certains cas atteindre une décade.

Le contexte de rareté foncière et la nécessité d’assurer un développement durable tout en limitant l’extension des villes sur les espaces agricoles et naturels, font que la reconversion des friches urbaines subit une forte pression immobilière s’accompagnant d’utilisations court-termistes.

La vision des bénéfices pérennes apportés à la collectivité doit se substituer à la seule approche financière et immobilière, car en dernier lieu, ce sera toujours la collectivité qui devra redresser les torts causés par une réhabilitation non pertinente ou à courte-vue ».

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

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