Refroidissement des villes : Pierre Cabaré favorable à des alternatives au « tout climatisé » / publié le 31.08.2021

Le 30 août 2021, j’ai reçu un mail très intéressant de M. Pierre C., qui réside en Haute-Garonne, et qui me propose de nombreuses alternatives à la climatisation, afin de refroidir les villes. Sachant que le recours massif à la climatisation, outre une consommation énergétique mal venue, accentue la température extérieure en rejetant dehors la chaleur extraite des bâtiments, et produit des gaz à effet de serre participant à l’élévation de la température, il est urgent que les collectivités locales s’emparent du sujet et prennent les mesures qui s’imposent, en concertation avec les populations concernées. Voici le texte intégral du mail de M. Pierre P., dont je salue la pertinence :

« Au cours des 100 dernières années, les villes françaises ont souffert d’une architecture urbaine méconnaissant les conséquences de la variation des températures de climat.

La bétonisation et l’asphaltage sont préjudiciables aux villes françaises grandes ou moyennes, comme Paris ou Toulouse, dont la température moyenne a déjà cru de 2 à 4°. Les prévisions annoncent une augmentation supplémentaire de 3 à 4 degrés.

Recourir à la climatisation aggrave la situation car, outre une consommation énergétique forte, elle accentue la température extérieure en rejetant dehors la chaleur extraite des bâtiments et produit des gaz à effet de serre participant à l’élévation de la température.

Pourtant, depuis des temps anciens, le recours aux éléments naturels ont permis d’atténuer la chaleur des lieux d’habitation.

Les jardins en terrasse de Babylone, les fontaines et ruissellements de l’Alhambra (Espagne), les tours à vent iraniennes, les « badguirs ou attrape-vent », qui captent en hauteur les vents et les redirigent vers le bas, les claies de canisses recouvrant les souks ou dans le sud de l’Europe les murs des maisons blanchis à la chaux pour contrer l’ardeur du soleil, sont autant de moyens utilisés avec succès pour refroidir les villes.

Aujourd’hui, seules l’isolation thermique et la climatisation des bâtiments constituent la réponse au dérèglement climatique sans tenir compte de l’inadaptation des rues des villes aux périodes caniculaires.

Sans tarder, il est déjà possible d’intervenir sur les parties anciennes et nouvelles des villes, en mettant progressivement en place des pratiques connues afin de :

. végétaliser les toitures et les façades de bâtiments, pour diminuer la chaleur et purifier l’air pollué,

. peindre les murs extérieurs avec de nouvelles peintures claires (type Airlit) qui isolent et retiennent les pollutions de l’air avant leur séquestration dans le sol par lavage pluvial,

. créer des couloirs de courants d’air captant l’air plus froid en hauteur et permettant à l’air chaud du sol de remonter vers le haut comme les tours récentes en Allemagne et en Chine,

. installer des réseaux urbains de froid ou de chaleur grâce aux eaux usées, pour le chauffage ou la climatisation des bâtiments,

. remplacer le bitume actuel qui emmagasine le jour la chaleur, pour la rejeter la nuit et mettre à la place des revêtements innovants anti-chaleur, perméables à la pluie et réverbérant le soleil,

. multiplier les espaces verts et planter en grand nombre des arbres résistants à la chaleur qui baissent la température par évapotranspiration,

. construire des réservoirs et un réseau de distribution d’eaux usées purifiées et de pluie pour l’arrosage et le rafraîchissement des rues.

La densification de l’habitat urbain et la modération des températures requièrent une réflexion plus large au niveau des quartiers, de la ville, de l’intercommunalité, et d’être accompagnées d’une réforme du code de la construction et de l’urbanisme des villes, pour imposer des mesures de prévention aptes à refroidir des villes ainsi que la considération des risques engendrés par la chaleur et la sécheresse. »

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

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