Question au Gouvernement n° 1143 de M. Pierre Cabaré

Rubrique :espace et politique spatiale

Titre :engagements français dans les projets spatiaux européens

Le débat

ENGAGEMENTS FRANÇAIS DANS LES PROJETS SPATIAUX EUROPÉENS

M. le président. La parole est à M. Pierre Cabaré, pour le groupe La République en marche.

M. Pierre Cabaré. Madame la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, je suis élu d’un territoire où le secteur spatial français emploie 50 % de ses collaborateurs, soit 25 % de l’emploi du spatial européen. En tant que coprésident du groupe d’études aéronautiques et spatiales, j’ai eu l’honneur d’assister au dernier tir d’Ariane 5, à Kourou, à vos côtés et en présence de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, du coprésident du groupe d’études, M. Jean-Luc Lagleize, et du pilote émérite membre de l’Assemblée, M. Jean-Baptiste Djebbari. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)

Ce lancement est l’illustration d’une belle coopération entre pays européens. La Guyane française est un pas de tir exceptionnel, reconnu par le monde entier, et je tiens à souligner le travail accompli par le Centre national d’études spatiales – CNES –, qui assure un rôle central dans la coopération entre les acteurs industriels. Notre communauté scientifique se situe à un niveau d’excellence à l’échelle mondiale et nous devons maintenir cette réussite, ainsi que les moyens alloués à son financement. Ce leadership dans la production de satellites et de lanceurs nous impose de poursuivre une vision ambitieuse et commune pour notre politique spatiale.

Je souhaite donc vous interroger, madame la ministre, sur la continuité des engagements français dans les programmes spatiaux européens, et je voudrais même vous proposer, à vous-même et aux ministres concernés ici présents, de prendre, comme voilà dix ans, l’initiative d’un sixième conseil Espace avec nos partenaires européens et de proposer ainsi de nouvelles initiatives en matière de contribution des technologies spatiales à la lutte contre le changement climatique, à l’emploi et à la sécurité de l’Europe.

Je terminerai en insistant sur notre désir de rester ambitieux pour notre compétitivité et notre recherche, et conclurai d’une phrase : la principale richesse de l’Europe, c’est l’union. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Monsieur le député, merci de me donner une nouvelle fois l’occasion de saluer la réussite de ce quatre-vingt-dix-neuvième lancement d’Ariane 5. Notre savoir-faire dans le domaine de l’espace est en effet très important au niveau français et au niveau européen et il importe également de le faire savoir, car on connaît relativement peu l’importance de l’espace dans un très grand nombre de domaines.

L’année 2018 sera encore marquée par sept lancements supplémentaires prévus à partir de Kourou, dont celui de BepiColombo, qui permettra d’explorer Mercure, ou celui du premier satellite militaire stratégique de la composante spatiale optique – CSO 1. C’est aussi l’année où le robot Mascot atteindra Ryugu, dont il nous permettra de disposer, en octobre, des premières images, et où, dès novembre, InSight permettra de continuer l’exploration de la planète Mars. L’année 2018 est aussi celle où nous avons testé avec succès le nouveau propulseur P120C d’Ariane 6 et de Vega C.

Oui, l’espace est une ambition et une fierté à la fois nationales et européennes. C’est pourquoi, dès le 25 octobre prochain, se tiendra à Madrid le conseil des ministres de l’espace au niveau européen, organisé par l’Agence spatiale européenne et destiné à préfigurer l’année 2019, et qui nous permettra de nous réunir et de dresser la feuille de route des nouveaux enjeux pour l’espace au niveau national comme au niveau européen.

Le programme 193 sera, bien sûr, consolidé dans la loi de finances, car l’espace, c’est énormément de recherche et de besoins de financement, mais aussi énormément de promesses pour l’avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)