En ma qualité de président du groupe d’amitié France-Kazakhstan de l’Assemblée nationale, j’ai eu l’honneur de me rendre dans ce pays que j’affectionne tant afin d’observer le déroulement des élections présidentielles l’année dernière. C’est ainsi que Monsieur Tokayev a été choisi par le peuple kazakhstanais pour succéder au « Père de la nation » Noursoultan Nazarbaïev. Dès lors, Monsieur Tokayev et l’ensemble des membres du gouvernement œuvrent quotidiennement pour poursuivre la transition du Kazakhstan et préparer le pays aux défis actuels et futurs. Par cet écrit, je souhaite modestement partager ma vision sur l’action menée depuis un an par l’ensemble des autorités kazakhstanaises sous la Présidence de Monsieur Tokayev.

Des réformes en faveur du processus démocratique

Le processus démocratique amorcé sous la Présidence de Noursoultan Nazarbaïev se poursuit activement avec le Président Tokayev qui a pris de nombreuses mesures en faveur de cet enjeu.

Tout d’abord, je tiens à témoigner du véritable respect des fondamentaux démocratiques que j’ai eu l’opportunité d’observer lors des élections de l’année dernière qui se sont tenues dans des conditions adéquates et dans le respect de la souveraineté du peuple kazakhstanais.

La vision stratégique de l’actuel Président et de son gouvernement, dont ses actions s’inscrivent dans la suite du prédécesseur Noursoultan Nazarbaïev, est en totale adéquation avec les fondamentaux d’une démocratie. Les réformes politiques en cours, comme la loi sur les rassemblements pacifiques, accompagnent le processus de démocratisation du pays dans lequel le Kazakhstan est engagé depuis plusieurs années. La volonté du Président Tokayev d’instaurer dans un premier temps un quota de 30% de femmes et de jeunes au sein des partis politiques se présentant aux élections, témoigne de cette aspiration à représenter davantage l’ensemble de la population kazakhstanaise. Cette démocratisation est concrète et perceptible à tous les niveaux. Par exemple, le nouveau seuil pour former un parti politique est diminué de moitié passant de 40 000 à 20 000 personnes afin de renforcer le pluralisme et l’engagement civique.

Dans cette perspective, le Président de la République a favorisé la création des assemblées citoyennes et a instauré un Conseil national de la confiance publique qui vise à renforcer le dialogue et la liberté d’expression.

Enfin, le fait de permettre au Parlement de gagner en influence et de doter le gouvernement de nouvelles responsabilités permet un équilibre certain du pouvoir. Cette diffusion de l’esprit démocratique imprègne également le champ des réformes économiques qui

nécessitent une modernisation la vie politico-sociale. Je partage entièrement cette vision pragmatique du Président Tokayev.

Un État bienveillant et à l’écoute de tous

Je crois que l’ensemble des actions de Monsieur Tokayev ont été pensées au prisme d’un nouveau paradigme globalisant qu’il qualifie si justement de « Listening State », un État à l’écoute. J’observe ce postulat à travers les actions gouvernementales dans l’ensemble des thématiques. Au cœur de cette action réside le respect des différentes opinions au sein d’un peuple et une nation unis.

L’État kazakhstanais est à l’écoute et au service de l’ensemble de ses citoyens et les mesures prises par l’actuel gouvernement permettent une ouverture et une transparence toujours plus élevée. Le citoyen kazakhstanais est donc au cœur de la politique de l’État qui œuvre pour le renforcement de la protection de ses droits fondamentaux et agit pour répondre en adéquation avec ses différents besoins. Il est essentiel de souligner que la totalité des citoyens sont pris en considération et que le maître-mot de ces actions est l’inclusion de tous.

La création de la «Presidential Youth Personnel Reserve» va dans ce sens du renforcement de la confiance publique en l’État. Cette entité a pour objectif d’émettre des propositions et des idées au gouvernement en se basant sur des personnes de la société civile au haut-niveau de compétence et je trouve cela très intéressant.

De cette façon, il émane une véritable volonté de donner davantage de pouvoir aux opinions minoritaires, aux opposants, garantir les principes de liberté d’opinion et d’expression. Le Président Tokayev a d’ailleurs déclaré vouloir créer une « nouvelle culture politique ». Cette dernière mettant en son cœur le respect des différentes opinions et la protection des idées alternatives et différentes. L’État s’inscrit alors comme le garant du pluralisme et la cadre de développement d’un système politique multipartite. La loi sur les rassemblements et manifestations permettra aux citoyens d’exprimer leurs différents points de vue politiques et faire valoir leurs revendications. Dans ce cadre, il faut souligner que l’ensemble de ces nouvelles mesures sont en conformité avec les standards internationaux en la matière et notamment de la Convention internationale des droits civils et politiques ainsi que les principes de la Convention européenne pour la protection des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Symbole de cet engagement progressiste, je sais que le gouvernement réfléchit profondément quant à l’abolition de la peine de mort. Celle-ci n’est d’ailleurs plus appliquée depuis le mois de décembre 2003 suite au moratoire décrété par Noursoultan Nazarbaïev.

Des ambitions économiques majeures et intactes

Le Président Tokayev a affiché sa volonté d’améliorer la législation et la régulation en matière économique en se basant sur les meilleures pratiques internationales comme notamment celles promues par l’OCDE, dans l’ensemble des domaines, de la santé aux marchés financiers. Il inscrit sa politique économique dans le prolongement du Plan de Stratégie 2050 annoncé par Monsieur Noursoultan Nazarbaïev et qui nécessite des réformes en profondeur. L’ambition du Kazakhstan est toujours présente et le Président envisage que le PIB national augmente annuellement de 5% les prochaines années. En parallèle, le gouvernement développe le Programme 2025 pour le Commerce, un système de certification nationale ainsi que l’instauration d’une loi sur la régulation.

De plus, les considérables investissements dans l’agriculture et le soutien fort à ses acteurs permettent au Kazakhstan de plus en plus d’être indépendant sur le plan alimentaire et de s’affirmer comme une puissance de premier plan dans ce domaine sur le plan mondial. Pour l’actuel Président, l’agriculture est la principale ressource du pays. C’est un des secteurs qui peut permettre à l’économie de se diversifier et d’être moins dépendant des énergies fossiles.

Sur le plan social, l’aide aux citoyens les plus en difficulté est au cœur de la politique gouvernementale. Le Président Tokayev a érigé la construction de logements notamment sociaux comme priorité du gouvernement. Ainsi, près de 4 millions de personnes bénéficient du programme de protection sociale et les dépenses sociales représentent près de 30% du budget de l’État.

Dans ce sens, il est primordial de noter l’ambition du Kazakhstan dans le domaine de l’emploi avec la création de plusieurs milliers de postes dans le tourisme, le commerce la construction ou encore l’agriculture au cours des prochains mois. Aussi, je me réjouis de voir que près de 3 millions de Kazakhstanais ont vu leurs salaires augmenter en 2019 et plus de 400 000 emplois ont été créés.

Actuellement, le gouvernement met en place une politique fiscale et industrielle transparente afin de protéger les entrepreneurs, permettre l’accès aux marchés des ventes, augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises tout en améliorant la qualité des produits domestiques.

La politique monétaire et la dynamique des marchés financiers doivent permettre un financement durable de l’économie. C’est pourquoi le développement de l’entreprenariat et le renforcement de la protection de la concurrence sont des points majeurs.

Finalement, l’ensemble des mesures économiques prises par Monsieur Nazarbaïev et renforcées par le Président Tokayev ont permis au Kazakhstan d’attirer près de 25 millions de dollars en IDE et la part de petites et moyennes entreprises, auxquelles je suis particulièrement attaché, a considérablement augmenté.

Une diplomatie multilatérale affirmée et tournée vers la paix

Diplomate émérite et polyglotte, Kassym-Jomart Tokayev a été le premier Kazakhstanais à devenir directeur général du Bureau des Nations Unies à Genève de 2011 à 2013, où il a également été représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies lors

de la Conférence sur le désarmement, symbolisant la culture pacifiste et médiatrice du Kazakhstan. De ce fait, je suis convaincu que cet éminent parcours en relations internationales permet au Président de mener des actions longuement réfléchies, proportionnées et adéquates en matière de politique étrangère, fidèle au concept visionnaire de diplomatie multivectorielle introduit par Noursoultan Nazarbaïev dès le début de l’indépendance du Kazakhstan.

Sous l’impulsion de ce dernier, le Kazakhstan poursuit sa diplomatie et son dialogue multilatéral en œuvrant pour la pacification du monde initiée par le Président Nazarbaïev. Le discours de Monsieur Tokayev aux Nations Unies a magnifiquement illustré la politique internationale conduite. Depuis le début de son mandat, le Président Tokayev, s’est ainsi entretenu avec de nombreux chefs d’États et de gouvernements. En témoignent le discours du Président Tokayev aux Nations Unies, sa rencontre avec Vladimir Poutine, Xi Jinping, Moon Jae In, Mike Pompeo et différents dirigeants européens comme Donald Tusk et Angela Merkel.

Le niveau régional est également omniprésent au cœur de la diplomatie étatique comme le montrent les rencontres régulières avec l’ensemble des chefs d’Etats d’Asie centrale.

Je ne peux que me réjouir du nouveau dynamisme que nous observons dans les relations entre la France et le Kazakhstan, partenaires stratégiques depuis 2008. Un excellent dialogue politique s’appuie sur des échanges économiques, commerciales et d’investissement, ainsi que sur une présence culturelle kazakhstanaise en France de plus en plus forte. Nos deux pays sont déterminés à renforcer et élargir le partenariat en lui donnant de nouvelles impulsions. En témoignent la rencontre du Président Kassym-Jomart Tokayev avec le Ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, le 30 juillet 2019, à Nur-Sultan, et les échanges constructifs avec les membres de la délégation d’entreprises de l’Hexagone tenus le 29 novembre dernier.

Par cet écrit, je souhaite sincèrement rendre hommage à l’ensemble de la diplomatie kazakhstanaise qui agit pour le dialogue et la pacification du monde. Cette ambition de rendre le monde meilleur et plus serein a été réaffirmée par le Président lors de son discours sur la sécurité internationale à la Conférence de Munich. Il a également annoncé ces derniers jours la volonté de renforcer les liens économiques et diplomatiques avec l’Iran qui témoigne de la volonté des autorités du pays de coopérer de façon objective et sans arrière-pensée idéologique. Je tiens aussi à saluer l’activité croissante et de grande qualité de l’ambassade du Kazakhstan en France dans tous les domaines que j’observe de près depuis 2017.

Enfin, en tant que médiateur reconnu et écouté, Monsieur Tokayev poursuit l’action du Président Nazarbaïev à œuvrer en faveur de la déconflictualisation comme il a pu le faire cette année avec l’Afghanistan dans le but de trouver une issue positive et un avenir durable à un pays en guerre depuis de nombreuses années.

Le Kazakhstan, pont entre l’Asie et l’Europe, présente une position géostratégique majeure et représente un véritable équilibre, qui, je suis convaincu, saura participer efficacement au projet des Nouvelles routes de la Soie et ainsi être le liant vectoriel entre l’Ouest et l’Est.

Une gestion efficace et pragmatique de l’épidémie actuelle, reflet de l’action menée par le Président depuis sa prise de fonction

En cette période de crise sanitaire mondiale tout à fait inédite, les autorités du pays, grâce à une gestion préventive et en amont, luttent avec efficacité contre le coronavirus sur l’ensemble du territoire national.

Anticipant et prenant la mesure de la gravité de l’épidémie, le Président Tokayev a rencontré dès début février le Président de l’OMS, Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le président de la Croix-Rouge Internationale, Peter Maurer, qui ont affiché leurs intérêts mutuels d’unir leurs actions au niveau sanitaire tout en faisant part de la volonté humanitaire du Kazakhstan. Ce soutien aux plus démunis a pu être affirmé à l’occasion d’un Sommet des Nations unies portant sur le financement du développement. À cette occasion, Monsieur Tokayev a rappelé la nécessité d’aider les pays en développement dont le coronavirus a encore davantage accru leurs difficultés économiques. Je partage entièrement les paroles prononcées à cette occasion. La solidarité et la coopération doivent être les maîtres-mots de cette reconstruction économique globale et rappelons dans ce sens que l’aide au développement reste une priorité fondamentale du Kazakhstan.

À l’échelle nationale, le gouvernement a institué un état d’urgence sanitaire et la mise sous quarantaine de plusieurs villes. Au sein de la capitale, la construction éclaire d’un hôpital de 200 lits et pourvu de technologie de haut niveau vise à absorber les afflux de patients atteints du coronavirus. Une prise en compte de l’ensemble de ses citoyens qui est également visible au travers de la politique alimentaire. En effet, dans le but de prévoir d’éventuelles pénuries, le Kazakhstan s’est coordonné avec l’ensemble des États membres de l’Union économique eurasiatique concernant l’exportation de ses produits alimentaires.

Au niveau économique, la reprise des activités est au centre des discussions gouvernementales. Ainsi, les quelques 14,2 milliards de dollars alloués par les autorités permettront, je le crois, de retrouver une pleine croissance économique et soutenir durablement les entreprises qui, pour certaines, ont dû temporairement fermer lors de la période de confinement. Des mesures de soutien aux entreprises mais également aux citoyens fragilisés par cette période se sont avérées très pertinentes et je les approuve entièrement.

Ainsi, plusieurs millions de citoyens qui ont reçu une aide financière, plus d’un million de produits de première nécessité. Près de deux millions de Kazakhstanais ont vu le remboursement de leurs prêts repoussés. Un soutien qui vise également le secteur médical puisque le Président Tokayev a pris la décision d’augmenter le salaire de l’ensemble des soignants qui ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs efforts. En tant qu’ancien médecin, je la salue tout particulièrement.

De plus, le possible impôt progressif sur le revenu pour la « justice sociale » visera à réduire les inégalités renforcées par le coronavirus. Dès lors, les populations les plus précaires paieront moins qu’aujourd’hui et pourront vivre davantage décemment.

Définitivement, je trouve que la gestion de cette crise par le Président kazakhstanais symbolise l’ensemble de ses actions depuis un an : pragmatique, proactif, mesuré et déterminé.

En guise de conclusion, je souhaiterais noter que la transition menée depuis un an par le Président Tokayev, tout en s’inscrivant dans la continuité du fondateur de l’État indépendant, Noursoultan Nazarbaïev, s’avère être une pleine réussite. Il a pu apporter un nouveau souffle à la nation par différentes ambitieuses réformes. S’inscrivant dans la continuité de la politique mise en œuvre depuis l’indépendance du pays, Kassym-Jomart Tokayev a également façonné une nouvelle orientation politique basée sur le dialogue avec la société, le pluralisme des opinions et la diversité des idées.

De même, Monsieur Tokayev œuvre au quotidien, animé par un profond et sincère engagement, pour le la prospérité de sa Nation à tous les niveaux (politiques, sociaux, économiques, diplomatiques). Je soutiens l’action qu’il mène en faveur du Kazakhstan, pays partenaire historique et ami de la France.

Me réjouissant de l’ensemble de ces progrès, c’est avec fierté que je souhaite au Président Tokayev, à l’ensemble des membres du gouvernement, à mes homologues parlementaires et au peuple kazakhstanais la plus belle réussite face aux enjeux actuels et futurs. Le Kazakhstan saura trouver la France à ses côtés et moi, parmi d’autres, œuvrerai au maximum pour renforcer les liens entre nos deux nations et soutenir une relation étroite, fructueuse et durable.

Très bon anniversaire !

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne