Pierre Cabaré cosigne une lettre adressée au Ministre de l’Economie pour un soutien plus équitable de l’hôtellerie / publié le 17.05.2021

Le 17 mai 2021, avec 3 autres collègues députés (Mmes Jacqueline Dubois et Frédérique Meunier, M. Richard Ramos), nous avons adressé une lettre à M. Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, à propos du manque de soutien, face à la crise sanitaire, dont pâtissent les « petits » groupes hôteliers aux capitaux familiaux : ils ne cochent jamais les bonnes cases pour être éligibles aux aides de l’Etat, alors qu’ils sont aussi impactés que les autres profils d’entreprises hôtelières qui, eux, sont soutenus « au taux plein ». J’ai récemment échangé avec le chef d’entreprise d’un petit groupe hôtelier familial dont les 6 établissements sont situés dans les circonscriptions des 4 députés cosignataires de la lettre, et c’est cet échange qui m’a convaincu de dénoncer une situation d’injustice. Pour moi, c’est une simple question d’équité ! Voici le texte intégral de cette lettre :

« Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, le secteur du tourisme est particulièrement touché par la crise sanitaire, et l’Etat a, à juste titre, multiplié les mécanismes de soutien pour permettre aux entreprises de ce secteur important de l’économie française, de passer ce cap difficile.

Néanmoins, une catégorie d’entrepreneurs du secteur du tourisme hôtelier a le sentiment d’être systématiquement exclue des plans de soutien successifs. Des chefs d’entreprises pourtant audacieux, qui ont constitué année après année des petits groupes hôteliers familiaux comprenant la plupart du temps une poignée d’établissements de moyenne envergure : typiquement, des hôtels 2 étoiles avec chacun une cinquantaine de chambres. Mais, face aux plans de soutien, ces entrepreneurs indépendants, dont le capital est d’origine familiale, présentent 3 handicaps majeurs :

                . Ils ont souvent regroupé leurs établissements en « holding », afin d’en consolider le management

                . Ils sont souvent en mode « chaîne hôtelière intégrée », mais sous contrat de simple franchisé soucieux de faciliter la commercialisation de leurs produits, tout en préservant leur indépendance aux plans financier et structurel.

                . Individuellement, chacun de leurs établissements est souvent loin d’atteindre un chiffre d’affaires mensuel supérieur à 1 million d’€.

Pour ces 3 raisons, ils « passent régulièrement au travers des mailles du filet » des aides de l’Etat au secteur du tourisme, alors que ce sont des entrepreneurs authentiques, indépendants, qui ont investi leur argent personnel dans leur groupe, qui ont créé des dizaines d’emplois locaux, et qui ont le souci de réinvestir chaque année en faveur de l’optimisation de l’attrait de leurs établissements ou encore du respect de l’évolution des normes hôtelières.

Monsieur le Ministre, nous vous demandons de bien vouloir reconsidérer le soutien apporté à ce profil d’entrepreneurs qui ont le sentiment d’être un peu les laissés pour compte des plans de relance successifs en faveur du secteur du tourisme. En résumé, ils ne cochent jamais les bonnes cases pour être éligibles, alors qu’ils n’ont pas démérité par rapport à leurs confrères hôteliers bénéficiaires des aides : comme eux, ils subissent de plein fouet la crise sanitaire.

Nous n’avons aucun doute sur l’écoute qui sera la vôtre sur cette question d’équité, et vous prions, Monsieur le Ministre, de bien vouloir agréer l’expression de nos sentiments respectueux. »

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

Recommended Posts