Je n’ai perdu aucune de mes convictions depuis mon arrivée à l’Assemblée en 2017. La France Insoumise a sombré dans une parodie de démocratie… Elle préfère la posture médiatique, car la tribune de l’Assemblée Nationale est finalement une vitrine trop contraignante pour elle… C’est vrai que préparer des réformes, cela impose de travailler de façon constructive et consensuelle. Nous, les élus de la République en Marche, le savons. N’est-ce pas juste la couverture médiatique qui obsède cette formation ? C’est une révolution 2.0 qui se prépare ! C’est une lutte finale médiatique ! Incapable de la porter dans la rue, échaudée par le défaut d’adhésion

populaire qui va avec, elle organise un pugilat à l’Assemblée de façon pitoyable, avec des maillots de foot à la Tribune ou avec des sacs de courses égrenés dans le temple du débat… Quand on n’a plus de mots pour porter une idée et qu’on a recours à des stratagèmes grossiers, provocants, indignes, l’objectif démocratique s’éloigne. Où sont les 2 millions de personnes sur les Champs-Elysées, que Mélenchon appelle à défiler sous sa bannière à la moindre occasion ? N’est-ce pas une armée réduite à une escouade de 17 députés qui respecte bien peu ses électeurs?

Entendez-vous Marine Le Pen dans ce triste épisode pour la démocratie ? Elle n’a plus besoin de parler, Mélenchon et sa troupe jouent pour elle, elle attend son heure. Son plafond de verre est en train de fondre grâce au feu permanent que cet antiparlementarisme alimente. Cela est hélas parfaitement illustré ces jours-ci par le triste spectacle des amendements copier-coller, virgule point-virgule, synonymes à foison, ce qui génère un rejet collectif rarement atteint à ce jour… Ceux-là même, en plus, nous proposent la VIème République, pour faire de ce spectacle ridicule notre quotidien. Leurs diatribes indigestes à la Castro ou à la Chavez devraient-elles désormais rythmer notre vie ? Non merci !

L’avenir des Français ne se construit pas dans l’affrontement des extrêmes… Car les « insoumis » ne sont-ils pas prêts à tout pour se qualifier dans un duel d’extrêmes sans issue pour la France ? Quand je fais visiter l’Assemblée à une école de ma région, quand je leur montre la tribune qu’ils fixent tous avec admiration, j’aime leur parler de ces grandes voix du passé qui font honneur à la démocratie. En ferraillant avec des arguments… En s’opposant à l’esclavage ou à la colonisation… En portant l’honneur d’une Nation quand ils défendaient un capitaine injustement exilé…

En adjurant, plus près de nous, de légaliser le droit à l’avortement, porté par une femme déterminée, confrontée à un parterre d’hommes ébahis. Ou en imposant avec fougue et talent, à une opinion hostile, l’abolition de la peine de mort… Des voix insoumises, insoumises au clientélisme et à la démagogie… Et leur faire vivre, bien sûr, les voix du présent, qui portent très haut les valeurs de la France. Oui, je garderai encore mes convictions, pour ma région l’Occitanie,

pour mon pays la France, pour l’Europe, mais toujours pour la Démocratie… Avec l’espoir que cette dérive n’abîme pas durablement ce que nous avons de plus précieux… S’opposer ne justifie pas tout. Même si je ne cesserai jamais de me battre avec force pour que les oppositions soient respectées et entendues… Il n’est pas trop tard pour éviter ce choc des extrêmes, que certains semblent vouloir, en agissant sans la richesse de la raison.

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne