« Le fonds mondial est l’une des plus belles choses que les gens aient
jamais faites les uns pour les autres. C’est un vecteur fantastique de
diffusion des traitements et des outils de prévention dont nous disposons
aujourd’hui. Il nous permet de nous assurer que les investissements profitent
à ceux qui en ont le plus besoin » Bill Gates

Pierre Cabaré, député de la Haute Garonne, a ouvert les portes de l’Assemblée Nationale au Fonds Mondial (FM) de passage à Paris. Les échanges ont porté sur les avancées accomplies et les projets restant encore à mener, à cette occasion, les acteurs mondiaux de la solidarité qui luttent contre les maladies majeures qui frappent notre planète ont pu échanger devant la représentation nationale.

La date était importante, entre le G7 où des avancées se sont faites sur ce thème et la réunion de Lyon qui aura lieu dans un mois, où chaque pays fixera sa contribution au Fonds Mondial.

Les acteurs majeurs de cette lutte, sans pour autant baisser la garde, restent confiants sur la générosité des principaux intervenant.

Ce fond est doté en effet de ressources propres à hauteur de 14 milliards de dollars pour trois ans, il est devenu essentiel pour contribuer à contenir les grandes épidémies mondiales, dont le SIDA, le Paludisme et la Tuberculose, mais cette liste n’est hélas pas exhaustive.

65% de l’aide se porte sur l’Afrique, où des projets communs et des projets adaptés à chaque pays sont financés par ce fond, mais d’autres acteurs majeurs étaient présents à cette réunion.

Après avoir souhaité la bienvenue à tous les participants, Pierre CABARE entouré d’élus, dont la Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale Carole BUREAU-BONNARD, et les Députés JL. LAGLEIZE, JF. MBAYE, JL. TOURAINE, A. CHAPELIER, et L. Vanceunebrock-Mialon, a ouvert la discussion.

Le Directeur Exécutif du « Fonds Mondial », venant de l’Elysée, a pu faire part de son enthousiasme pour le combat à mener.

« Le Fonds Mondial est un partenariat conçu pour mettre plus rapidement un terme aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. En tant qu’organisation internationale, il mobilise et investit chaque année sur des programmes, dirigés par des spécialistes locaux dans plus de 100 pays. »

« En tant que partenariat entre les autorités publiques, la société civile, les institutions techniques, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies, le Fonds Mondial canalise les ressources de la planète pour investir stratégiquement dans des programmes visant à en finir avec les épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. »

C’est le rôle de cette organisation.

C’est Stefano VELLA qui ensuite a pris la parole (Vice président de Friends of Global Fund Europe)

Ce professeur Italien, de toutes les luttes, a exposé les problématiques des personnes exclues des traitements du fait de leur sexe, leur origine ou leur genre.

« Qu’est-ce qui n’a pas marché dans cette lutte contre la mort ? » « …L’évolution en Afrique reste inquiétante » a-t-il poursuivi, « Le manque des droits des discriminés dans le monde y est amplifié, les homosexuels, les transgenres et toxicomanes le subissent plus qu’ailleurs.

Puis surtout les femmes qui sont écartées souvent en tant que femme, surtout les jeunes, les prisonniers aussi.

« La lutte contre la maladie par le fond mondial qui verse 55 millions de dollars aux pays les plus touchés a changé le paradigme. On a concentré les programmes et fédéré les actions pour éviter la dispersion »

Ce n’est plus une seule stratégie globale ni l’action de la seule OMS, mais 4 ans de collaborations, de financements, et le financement avance dans la bonne direction en agissant ainsi.

On peut apporter un Service de Santé de qualité pour les jeunes femmes et les victimes de violences sexuelles.

La situation des femmes malades du sida reste préoccupante.

Le fond mondial travaille pour lutter contre les inégalités en terme d’accès à la santé et aux soins.

Malgré les progrès fait par le FM en terme de médicaments, rien n’est encore joué. 1 million de nouvelles infections par le VIH chaque année sont à déplorer, car des populations n’ont pas accès aux moyens de prévention, à cause de faits sociaux. Ces populations n’ont pas accès aux soins car elles sont discriminées.

Les femmes sont des populations qui ne sont pas incluses dans les populations qui ont un risque d’attraper le sida. De plus ces femmes n’ont pas le pouvoir de se protéger car elles n’ont pas bénéficié d’éducation, ni de pouvoir social.

Au Botswana, le ministère de l’éducation est aussi actif. Les fonds sont mieux dirigés si les autorités locales participent. Le fond Mondial met en place des programmes de prévention pour les femmes, notamment les plus jeunes d’entre-elles, et les agents locaux y prennent part, ce qui est un gage de réussite pour ces programmes. Dans ce cas, le VIH recule. La Zambie avec une éducation sexuelle et l’éducation des jeunes garçons change aussi les

choses, 5 pays sur 13 ont déjà évolué au travers de ce programme.

Le Directeur exécutif du Fonds Mondial PETER SANDS a pris la parole. Remerciant Pierre CABARE pour avoir organisé cette rencontre, il a tenu à rappeler le rôle de la France.

« La voie française soutien historique depuis 2002 tient une place cruciale »

Place spéciale dans lutte contre les 3 épidémies, le Fond doit recueillir les 14 milliards pour réussir, la campagne de collecte débute.

5 pays du G7 ont augmenté leur participation au Fonds Mondial, cela a été concrétisé à Biarritz. Je remercie la France pour son travail.

La France finalisera à Lyon son don, et les Etats-Unis le voteront au « Congre », mais c’est en bonne voie…

Beaucoup de pays restent à convaincre, les pays scandinaves, les pays du golfe, on y travaille et on a bon espoir.

« La France est le second donateur du Fond Mondial, les 14 milliards sont atteints grâce au réseau diplomatique, et l’ardeur de votre Président en témoignent »

Le vrai message est le suivant: On a besoin de tout le monde pour aider les jeunes femmes, et mettre la barre à 14 milliards, ce n’est rien à l’échelle des vies sauvées ! Mais au Sahel c’est le paludisme qui progresse, malgré nos efforts !

Il faut faire changer cela et réduire les nouveaux cas.

« La bataille est engagée. Merci à Pierre Cabaré de la mener avec nous. De nous donner les moyens de nous exprimer en ce mois crucial » On gagnera contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Pierre Cabaré, a voulu aller plus loin :

« Pensez-vous que les 14 milliards suffiront à mener tous vos programmes dans le monde ? »

Le président lui a répondu :

« On espère que les gouvernements des pays concernés feront plus eux aussi. Mais les dons sont importants. Dans le long terme les pays concernés doivent aussi évoluer. La bonne solution est d’investir plus, cela permettra plus d’actions et coûtera moins cher à la fin.

Le député JF MBAYE, a posé une question sur les orphelins.

Au Niger comment assurer leur scolarité, ils sont victimes de la disparition de leurs parents et restent sans avenir.

La réponse reste à écrire, il a permis à tous d’entrer dans la réflexion.

L’Agence française de développement, représentée par Christophe PAQUET à son tour a fait par des initiatives prises.

Ils ont contribué à renforcer les capacités nationales. Parfois un hôpital de brousse, ailleurs un dispensaire. Mais le bilan reste encore catastrophique. L’OMS estime que 15 % de ces pays n’ont pas le minimum requis ni les ressources humaines.

« Et la prise en charge des femmes reste le problème, l’exemple d’un pays où le salaire est de 60 euros mensuel et où une césarienne coûte 200 euros en dit long. »

Il a présenté « c’est la vie ‘’ un projet pédagogique novateur.

« On travaille avec le fond mondial pour créer des synergies, pour améliorer et compléter les programmes »

Un exemple, le médicament 4 en 1, pour faciliter les prises pour les personnes affectées qui renoncent parfois à se soigner.

Le professeur Italien a exhorté à ne surtout pas reproduire nos erreurs, pas trop centraliser et travailler avec les patients… une piste pour l’intégration des soins du sida.

Eric Fleutelot Directeur Technique Pôle épidémie Initiative 5%
Pour cet organisme qui collabore avec le Fonds Mondial, la contribution est importante, mais 5% reste en France.
Il faut convaincre les populations fragiles.
Les minorités, le milieu des prisons, le fléau de la drogue, le mépris des transgenres, toute les discriminations qui s’imposent à tous les niveaux.
Cela de fait favorise le développement du VIH.

Il faut une forme d’assurance technique et des projets catalytiques tout au long du projet, pour cibler sans pour autant créer des inégalités. Il a pris l’exemple du Paludisme chez les femmes isolées non suivies, il faut savoir s’adapter à ces réalités.

Florence THUNE pour Sidaction.

L’association a milité pour une approche globale et pour l’éducation médicale. Les associations sont mobilisées en Afrique pour prendre en charge l’environnement de la maladie.

Le Fonds Mondial est allé bien au delà en finançant des médiateurs de santé et c’est une bonne chose pour offrir un milieu sécurisé. Les jeunes femmes et leur indépendance, reste un problème,

même en France le problème est posé. En Afrique, on assiste à des grossesses non désirées d’adolescentes, parfois juste pour prouver leur rôle social. Ici le sida n’est pas en régression, les jeunes homosexuels en sont victimes, et des progrès restent à faire dans tous les domaines. Sur la prévention, le dépistage, l’usage du préservatif, on recule.

« Les jeunes sont mal informés, le numérique informe mal ! Des réponses sont nécessaires. Les jeunes doivent être notre priorité. Il faut reconnaître que l’école a perdu sa place sur l’information. »

Ce recul se retrouve hélas même pour le taux de vaccinations, et c’est inquiétant.

Heather Doyle du Fonds Mondial a voulu elle aussi apporter son témoignage.
Beaucoup reste à faire mais les actions menées sont de belles avancées à porter au crédit du « Fonds Mondial ». Les jeunes filles doivent aujourd’hui bénéficier de programmes de soin,  d’informations, et d’éducation. Tout ceci est mis en place par le Fonds Mondial.  Il est présent dans de nombreux pays d’Afrique où des collaborations sont mises en place pour prévenir et informer les adolescents.

« La France a toujours était un soutien du fond mondial. Soutien historique. De grand progrès ont été accomplis mais pas suffisant pour éradiquer les épidémies d’ici 2030. »

L’OMS considère que 22 pays dans le monde n’ont même pas les fondations de service de santé. Il y a le manque de ressources humaines. L’un des problèmes de l’accès aux femmes est souvent l’accueil. C’est important car dans les dispensaires en Afrique, 80% des gens qui font la queue sont des femmes. Le fond mondial va au delà de la prise en charge médicale, en finançant des médiateurs de santé. Hélas, aujourd’hui on préfère financer un traitement qu’un médiateur. De cela, il en résulte un accroissement de patients mis sous traitement, de par la baisse du nombre de médiateurs.

Un autre intervenant a souligné une situation tendue en Guyane.
Situation difficile avec 50% de jeunes et 30% d’immigrés, et du fait de la géographie, une densité médicale faible.
C’est aussi le lot des violences et relations non consenties qui nous préoccupe.

Il ne faut pas seulement des médecins pour intervenir, il faut également des Médiateurs de santé a conclu l’intervenant.

Stéphanie SEYDOUX Ambassadrice en Charge de la Santé Mondiale.
La Conférence le 10 octobre 2019 à Lyon sera importante a-t-elle annoncé. La Présidence française du G7 a rassemblé et abordé les questions majeures, comme la  problématique sur le genre qui est une question dans les réponses de santé. Le Fonds Mondial est le premier fond de lutte contre les inégalités.  Cela passe par l’éducation des jeunes filles, dans certains pays. Le Sahel est une grande préoccupation.

« On est au lendemain de Biarritz et à un mois de la conférence du Fond mondial de Lyon »

Le tiers du travail est fait. Notre Président y a fortement contribué durant le G7.
L’assemblée générale des Nations Unies va à son tour aborder le sujet.
La France avec le Président Macron portera une parole attendue devant les nations unies, avant la conférence de Lyon.

« En octobre 2019, Emmanuel Macron accueillera la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à Lyon »

Les jeunes femmes sont l’enjeu majeur, les discriminations ne le sont pas moins.
A New York ce sera pour notre combat un autre temps fort.
Les donateurs privés, les institutions et les représentants des Nations donatrices, à Lyon, auront en mémoire cette approche sur le genre et sur les discriminations. La France y est particulièrement attentive.On n’est pas à un mauvais moment, mais ce n’est pas encore gagné !

Merci aux élus de nous recevoir, et je suis confiante si chacun est au rendez-vous. Les questions au gouvernement qui reprenaient ont mis fin à cet échange. Il a permis à chacun d’exprimer son point de vue, et constater le soutien fort et indéfectible de la Représentation Nationale pour les combats qui sont menés par ces organisations.