Texte de la Question au Gouvernement n°30047 publiée au JO du 02/06/2020 : M. le Député Pierre Cabaré interroge M. Olivier Véran, Ministre des solidarités et de la santé, sur la possibilité de réaliser des tests sérologiques de type TROD par les pharmaciens. La stratégie nationale de déconfinement fixe un objectif de 700000 tests virologiques chaque semaine en laboratoires depuis le 11 mai 2020. Ces tests visent en premier lieu des personnes symptomatiques puis, en cas de résultat positif, les individus avec lesquels elles ont eu un contact rapproché les jours précédents. Acteurs de santé et de proximité, les pharmaciens pourraient ainsi intervenir de façon complémentaire aux laboratoires en testant l’ensemble des individus asymptomatiques qui le souhaitent, et notamment ceux ayant eu des symptômes révolus durant les dernières semaines. Pour ce faire, les pharmaciens sont en mesure de réaliser des tests rapides sérologiques, de type TROD comme ils le font déjà pour les angines, dont l’intérêt a été validé le 18 mai 2020 par la Haute autorité de santé (HAS). Les TROD permettent de déterminer si un individu a produit des anticorps en réponse à une infection au virus, de façon très simple (prélèvement par piqûre au doigt) et très rapide. En cas de résultat positif, ces individus pourront être tout de suite orientés vers un test virologique en laboratoire afin de vérifier s’ils sont

toujours en présence du virus, évitant ainsi de continuer à propager le covid-19 sans le savoir. Avec une présence territoriale et une force de frappe permettant de réaliser au minimum 500 000 tests par semaine, les pharmacies françaises constituent un levier stratégique dans le dispositif de diagnostic. Ce dispositif irait dans le sens de l’avis rendu le 18 mai 2020 par la HAS, qui souligne que «les TROD sont réalisables dans davantage de lieux», en comparaison aux tests sérologiques de type TDR réalisés en laboratoires, et bien sûr par les professionnels de santé que sont les «pharmaciens». Malgré l’avis favorable de la HAS et la publication le 22 mai 2020 de la liste des tests sérologiques validés, aucun décret ne permet pour l’instant aux Français de réaliser un test de type TROD au sein de leur officine. Pour tester de façon rapide et massive les individus asymptomatiques, les officines doivent être autorisées à administrer des TROD dans les meilleurs délais. Aussi, au vu de la capacité des officines à réaliser des tests sérologiques de façon rapide et massive, de type TROD, et de l’avis positif de la HAS vis-à-vis de ces tests, le Député Pierre Cabaré demande au Ministre des solidarités et de la Santé s’il peut l’éclairer sur les mesures qu’il entend prendre pour permettre au plus vite le dépistage des individus asymptomatiques qui le souhaiteront ?

Texte de la réponse du Gouvernement publiée au JO du 4.08.2020 (p.5343) : La mobilisation efficace des capacités de dépistage constitue l’une des clefs pour réduire le risque de rebond épidémique. L’émergence des tests sérologiques permet désormais de compléter la palette des capacités de dépistage, même si les indications limitées proposées par la Haute autorité de santé (HAS) et la nature incertaine de l’immunité acquise en cas d’infection invitent à en faire un usage prudent et proportionné. Dans son rapport du 14 mai sur la «place des tests sérologiques rapides (TDR, TROD, autotests) dans la stratégie de prise en charge de la maladie COVID-19», la HAS a émis des recommandations concernant l’utilisation des tests rapides sérologiques par d’autres professionnels de santé que les biologistes, dans certaines indications et sous certaines conditions, notamment pour «les patients ayant des

difficultés d’accès à un laboratoire de biologie médicale». Dans le cadre de ses recommandations préconisant que les TROD soient pratiqués par des professionnels et des personnels ayant préalablement suivi une formation spécifique, la HAS a inclus les pharmaciens d’officine dans la liste des professionnels de santé amenés à réaliser ces tests. Le Gouvernement a décide de suivre les recommandations de la HAS. Les pharmaciens d’officine peuvent donc, depuis la publication de l’arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 dans les territoires sortis de l’état d’urgence sanitaire et dans ceux où il a été prorogé, réaliser les tests rapides d’orientation diagnostique sur sang capillaire de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2.

Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

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