La France s’est engagée à une neutralité carbone en 2050, ce qui veut dire que nous devrons ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que le pays ne peut en absorber, grâce notamment à ses forêts ou à ses sols.

Dans notre pays près du tiers des émissions de Gaz à Effet de Serre proviennent des transports qui contribuent aussi de façon importante à la pollution de l’air aux NO2 et aux particules fines. Nous ne pouvons imaginer l’avenir sans traiter des transports et ré-interroger nos modes de vie et mobilités.

Nous sommes à un moment d’une injonction forte à la mobilité ou dans toutes nos organisations de vie, chaque moment doit être actif. Dans le même temps les enquêtes témoignent que dans notre monde occidental, 90% des personnes aimeraient ralentir le rythme de leur vie.

Dit autrement, il s’agirait de bouger plus et de moins se déplacer en regroupant ses activités quotidiennes sur nos territoires de vie.

Une étude menée pour la SNCF abonde dans ce sens, en ce qu’elle montre que pour atteindre le facteur 4, c’est-à-dire la réduction par quatre des émissions de CO2 de notre pays à l’horizon 2050, entre l’ultra-mobilité, l’alter-mobilité et la proxImobilité, seule cette dernière permet d’y répondre.

L’urbanisme fera partie des solutions à tous ces changements, mais reste qu’aujourd’hui, le constat est, que certains de nos territoires n’ont aucune alternative à la voiture, que dans les métropoles certaines offres d’emploi ne peuvent être pourvues du fait d’une offre de transports non adaptés, que dans les métropoles la part modale de la voiture reste élevée. A Toulouse elle est de 60% pour une distance moyenne parcourue de 7km et 40% des trajets de moins de 3 km sont réalisés en voiture.

Nous devons dès maintenant répondre à tous les cas pour favoriser le report modal vers les transports collectifs et les mobilités actives.

C’est là l’objectif de la Loi d’Orientation des Mobilités, dite LOM, qui vient d’être votée en seconde lecture à l’assemblée nationale et qui est pensée comme une boîte à outils avec 4 objectifs :

1- Apporter à tous et partout des solutions alternatives à la dépendance à l’usage individuel de la voiture

2- Développer l’innovation et les nouvelles solutions de mobilité qui doivent être mises au service de tous

3- Réduire l’empreinte environnementale des transports en réussissant la transition écologique dans notre façon de se déplacer

4- Investir davantage dans les infrastructures qui améliorent les déplacements du quotidien.

Deux points m’apparaissent comme particulièrement importants :

– L’effort sans précédent que l’Etat va accomplir pour les transports du quotidien, avec une hausse des moyens pour l’entretien des réseaux existants, un investissement dans un plan RER pour les métropoles, le désenclavement des territoires ruraux. Ce sont 13,4 Milliards d’euros qui seront investis sur le quinquennat soit une hausse de 40%par rapport au précédent quinquennat. Madame Elisabeth Borne, alors ministre des transports, a demandé à ce sujet aux gestionnaires d’infrastructure, de lui présenter des schémas directeur des RER sur toutes les agglomérations, dont Toulouse, pour la fin de cette année.
Je porterai attention sur le fait que les projets proposés soient à la hauteur des ambitions portées par le gouvernement et nos concitoyens.

– Le plan vélo, car il s’agit là d’un mode de déplacement bon pour la santé, sans pollution et accessible pour de nombreux déplacements, si les conditions de son usage sont assurés.

LA LOI  LOM AMBITIONNE DE LEVER TOUS LES FREINS QUI EN LIMITENT L’USAGE :
• avec la création d’un fonds vélo de 350 millions d’euros qui vient, le 14 septembre dernier, dans le cadre du « Fonds mobilités actives – Continuité cyclables », de financer 152 projets sur 111 territoires pour près de 44 millions d’euros.
• La généralisation progressive du marquage des vélos pour lutter contre le vol
• La création d’un forfait mobilité durable jusqu’à 400 euros
• Le développement de l’apprentissage et d’une culture vélo à l’école.

Sur ce dernier point, nos pratiques dépendent très souvent de nos expériences passées et particulièrement de notre enfance et adolescence. La loi LOM, renforce l’acquisition des compétences du savoir rouler en fin de cycle 3 qui est aujourd’hui validé par l’APER, par une pratique du vélo dans le milieu urbain.

Donner l’appétence à nos jeunes pour ce mode de déplacement au travers d’un bon apprentissage de celui-ci est essentiel pour l’avenir. Je ferai la promotion de toutes les ressources disponibles pour faciliter cet apprentissage.

PIERRE CABARÉ
Député de Haute-Garonne