La réponse du Ministre des Affaires Etrangères aux vives inquiétudes des parlementaires à propos des Ouïghours / publié le 11.03.2021

Le 10 mars 2021, M. Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, a répondu aux vives inquiétudes d’un certain nombre de parlementaires, dont les miennes, en ma qualité de commissaire aux affaires étrangères à l’Assemblée Nationale, à propos des mauvais traitements que le gouvernement chinois inflige à la minorité Ouïghours. En voici le texte :

Vous avez évoqué avec justesse les pratiques injustifiables qui se déroulent au Xinjiang. Les faits que vous évoquez, les stérilisations forcées, les abus sexuels dans les camps, les disparitions, les détentions massives, le travail forcé, la destruction du patrimoine culturel, à commencer par les lieux de culte, la mise sous surveillance de la population, tout cela est attesté. Et c’est la raison pour laquelle, au nom de la France, devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, vous avez bien voulu le rappeler, j’ai évoqué, il y a quelques jours, le fait qu’il s’agissait d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle. J’ai dit cela devant les Nations unies et je le redis ici, devant le Sénat, c’était il y a quelques jours.

Je voudrais ici réitérer mon appel insistant pour qu’une mission impartiale, indépendante et transparente, d’experts internationaux, puisse se rendre dans le Xinjiang, le plus vite possible, sous la responsabilité de la Haute commissaire aux droits de l’Homme, Mme Bachelet.

Je voudrais aussi redire ici la responsabilité des entreprises françaises pour qu’elles exercent la plus grande vigilance, y compris en tant que sociétés mères, sur les risques liés à la chaîne de valeur et la nécessité de prévenir des atteintes graves aux droits fondamentaux, auprès des Ouïghours. C’est indispensable.

Je voudrais aussi vous dire que nous avons œuvré pour que, lors de l’accord sur les investissements entre l’Union européenne et la Chine, l’obligation de souscrire à la Convention de l’Organisation internationale du travail sur le travail forcé, a été mise sur la table par la France, et que l’on entend bien la faire respecter.

Enfin, nous travaillons aujourd’hui avec nos collègues européens, pour avoir une position commune, après avoir documenté les faits, les expertiser, et prendre en conséquence les initiatives que nous devons prendre et que vous avez en partie évoquées, à la suite du vote du Parlement européen”.

Article publié par Pierre Cabaré / Député de la Haute-Garonne

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