Hausse du carburant : le vrai du faux

14 novembre 2018 – Le prix du carburant n’en finit pas de faire parler. Tellement qu’il est parfois difficile de faire le tri entre fausses et vraies informations dans les médias. Mise au point.

La hausse à la pompe est entièrement due à l’augmentation des taxes

FAUX – 2/3 de cette augmentation provient de la hausse du cours du pétrole. Le prix du baril a presque triplé depuis 2016. Les taxes sont, elles, responsables pour le tiers restant et leur taux n’a pas bougé depuis janvier 2018. Votée en 2015, la taxe carbone (cette taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et de gazs à effet de serre) a été confirmée dans l’accord de Paris adopté en juillet 2017. Son objectif principal : inciter à moins consommer d’énergie et notamment réduire la part du diesel en supprimant l’avantage fiscal dont il bénéficie encore actuellement alors qu’il pollue plus. Une mesure qui vise également à nous rendre moins dépendant du prix du baril.


L’augmentation des taxes ne va pas servir à la transition écologique

FAUX– La recette de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) se partage aujourd’hui en 4. En 2018, elle était de 34 Mds€ dont :

  • 61% pour le budget général de l’État
  • 18 % pour le financement des régions
  • 18 % pour le financement des départements
  • 3 % pour les infrastructures de transport de France.

Si 7,2 Mds€ vont directement à la transition écologique, il ne faut pas oublier que les parts du budget général de l’État ou celles versées aux régions et aux départements peuvent aussi financer des mesures environnementales (aide au maintien de lignes TER, développement des transports en commun…)

Pour 2019, le budget du ministère de la Transition écologique et solidaire atteindra 34,3 Mds€ soit 3,1 % de plus qu’en 2018. Une preuve supplémentaire que l’attention du gouvernement sur les questions climatiques est réelle.


Les voitures ne sont responsables qu’une infime partie des émissions de CO2

FAUX – Aujourd’hui, les transports sont responsables de 29% des émissions de CO2, dont 54% pour les voitures. Pour atteindre les objectifs des accords de Paris, il est donc essentiel de réduire cette part.


Les véhicules électriques polluent encore plus que les voitures « diesel »

FAUX – Deux types de pollution doivent être distinguées :

  • Les émissions de CO2, responsable du réchauffement climatique. Ici, les véhicules électriques peuvent parfois être énergivores à la construction. En revanche, à l’utilisation, ils seront beaucoup plus économes.
  • Les polluants atmosphériques. En roulant, les véhicules diesel rejettent des particules fines qui ont de véritables conséquences sanitaires. Par an, 10 000 morts peuvent être attribués à la pollution à l’oxyde d’azotes des moteurs diesel. Avec un véhicule électrique, aucune émission.

Les avions et les cargos, pourtant de gros pollueurs, ne sont pas concernés par ces taxes

VRAI – Les conventions internationales ne permettent pas aux pays de taxer les carburants pour les vols internationaux. Mais ils ne sont pas pour autant exempts de toutes obligations visant à réduire les émissions de CO2 : ils font l’objet d’un traitement spécifique au niveau européen avec un système d’échange de quotas d’émission et au niveau international avec le mécanisme CORSIA de compensation des émissions. Pour les transports maritimes internationaux, c’est l’Organisation maritime international qui est chargé d’adopter une stratégie compatible avec les objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’accord de Paris. A savoir que les transports aériens ne sont responsables que de 3,5% des émissions de gaz à effet de serre et 1% pour le transport maritime.